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Un Wi-Fi qui tient dans toute la maison : bien installer sa box

Où poser sa box, quelle bande choisir, quels réglages comptent vraiment : l'installation qui évite la moitié des pannes Wi-Fi à la maison.

Sommaire16

Un Wi-Fi qui tient dans toute la maison : bien installer sa box

Ça coupe dans la chambre du fond. La visio se fige pendant que quelqu'un regarde une série au salon. Vous venez d'emménager et vous avez posé la box là où arrivait la prise, sans y réfléchir.

Ce guide ne répare rien : il installe. La plupart des pannes Wi-Fi domestiques ne sont pas des pannes, ce sont des installations laissées telles quelles le jour de la livraison. L'ordre ci-dessous est celui de l'efficacité réelle, pas celui de la notice : on commence par déplacer un objet, pas par ouvrir un menu.

Si votre problème est déjà là et que vous cherchez à le diagnostiquer, commencez plutôt par le guide Diagnostiquer une panne Wi-Fi ou Internet à la maison.

L'essentiel en cinq lignes

  • Posez la box en hauteur, dégagée, au centre du logement. C'est gratuit et c'est ce qui change le plus.
  • Votre box émet deux Wi-Fi : l'un porte loin et va moins vite, l'autre va vite et porte peu.
  • Changez le mot de passe du Wi-Fi et celui qui sert à administrer la box. Ce ne sont pas les mêmes.
  • Activez le réseau invité pour les visiteurs et les objets connectés.
  • Si la portée ne suffit toujours pas, un répéteur est rarement la meilleure réponse.

1. Où poser la box : le seul réglage qui ne se rattrape pas

Le Wi-Fi est une onde radio. Elle traverse l'air, elle se fait avaler par l'eau, le métal et le béton. Aucun paramètre dans aucun menu ne compensera une box posée au sol derrière un meuble : le signal est déjà perdu avant d'être réglé.

Ce qui aide :

  • En hauteur. Sur une étagère, un meuble, pas au sol. Le signal descend mieux qu'il ne monte.
  • Au centre du logement, autant que la prise le permet. Une box dans un angle envoie la moitié de son signal chez le voisin ou dans le jardin.
  • À l'air libre. Pas dans un placard, pas derrière la télévision, pas dans un meuble fermé.
  • Debout, dans la position prévue par le constructeur : les antennes internes sont orientées pour ça.

Ce qui détruit le signal, par ordre de nuisance :

ObstacleEffet
Miroir, vitre teintée, porte blindéeRéfléchit ou bloque presque tout
Mur porteur en béton arméPerte très forte, parfois totale
Aquarium, chauffe-eau, radiateur en fonteL'eau et le métal absorbent l'onde
Meuble métallique, réfrigérateurFait écran
Four à micro-ondes en marcheBrouille temporairement une des deux bandes

Et si la prise est mal placée ? C'est le cas le plus fréquent, et il a une réponse : faire poser une prise supplémentaire, ou relier la box à un point plus central avec un câble réseau. Un câble de dix mètres coûte moins cher que n'importe quel accessoire censé rattraper une mauvaise position.

2. Ce qui relie la prise murale à votre écran

Quand ça ne marche pas, la question utile est : à quel maillon ? Voici la chaîne complète et les endroits où elle casse.

flowchart TD
    A[Prise murale\nfibre ou téléphonique] --> B[Box]
    B --> C[Onde Wi-Fi\ndans le logement]
    B --> D[Câble réseau\nvers un appareil fixe]
    C --> E[Téléphone, ordinateur\ntablette, télévision]
    D --> E

    A -. casse ici .-> A1[Panne opérateur\nou câble débranché\nTout le monde est coupé]
    B -. casse ici .-> B1[Box éteinte, surchauffée\nou mal placée\nTout le monde est coupé]
    C -. casse ici .-> C1[Distance, murs, mauvaise bande\nCertaines pièces seulement]
    E -. casse ici .-> E1[Réglage de l'appareil\nUn seul appareil touché]

Cette lecture sert tout de suite : si un seul appareil est touché, ce n'est ni la box ni l'opérateur. Voir Wi-Fi lent sur un seul appareil. Si plus rien ne fonctionne nulle part alors que le Wi-Fi s'affiche bien, voir Wi-Fi visible mais pas d'accès Internet.

3. Vos deux Wi-Fi, et pourquoi ça change tout

Votre box n'émet pas un réseau, elle en émet deux, sur deux bandes de fréquence différentes. Les constructeurs les nomment par des chiffres qui ne disent rien au lecteur : 2,4 GHz et 5 GHz, parfois habillés de noms commerciaux. Voici ce qu'ils signifient dans votre logement.

La bande 2,4 GHzLa bande 5 GHz
PortéeLongue, traverse mieux les mursCourte, s'arrête vite aux murs
DébitModesteNettement plus rapide
EncombrementSaturée, partagée avec les voisins et beaucoup d'objetsBien plus calme
Bonne pourLa chambre du fond, le garage, les objets connectésLe salon, le bureau, la visio, la télévision

La règle simple : loin, c'est 2,4 ; vite, c'est 5. Une seule des deux ne suffit jamais pour un logement entier.

Il existe une bande plus récente encore, 6 GHz, présente sur certaines box récentes. Elle prolonge la logique du 5 GHz : encore plus rapide, encore moins loin, et seuls les appareils récents la voient.

Comment votre box les présente, et c'est là que les ennuis commencent :

  • Soit un seul nom de réseau pour les deux bandes. La box décide seule à laquelle vous parlez. C'est confortable, et c'est aussi la cause de la moitié des « ça marche mal dans cette pièce » : certains appareils s'accrochent à la bande rapide et la gardent jusqu'à la perdre, au lieu de basculer sur celle qui porte loin.
  • Soit deux noms distincts, l'un pour chaque bande. Moins joli, mais vous choisissez. La télévision du salon sur la bande rapide, la caméra du garage sur celle qui porte loin.

Notre recommandation : laissez le nom unique par défaut. Si et seulement si une pièce pose problème de façon récurrente, séparez les deux noms dans les réglages de la box et connectez manuellement les appareils de cette pièce à la bande qui porte loin. Le réglage porte souvent un libellé du genre « bandes séparées » ou « Wi-Fi intelligent », selon le fournisseur.

4. Les trois réglages qui comptent vraiment

Le reste de l'interface peut rester tel quel. Ces trois-là, non.

Le nom du réseau

Changez-le. Le nom d'usine annonce publiquement la marque et le modèle de votre box à tout le quartier, ce qui est une information gratuite offerte à quelqu'un qui chercherait une faiblesse connue.

Choisissez un nom qui ne vous identifie pas : ni votre nom de famille, ni votre numéro d'appartement. Un mot quelconque suffit. Il sera visible depuis le palier et depuis la rue.

Le mot de passe du Wi-Fi

C'est celui qu'on tape sur un téléphone pour rejoindre le réseau. Celui d'usine est imprimé sous la box, souvent court, parfois dérivé d'une formule connue.

Ce qui fait un bon mot de passe Wi-Fi : long avant tout. Trois ou quatre mots sans rapport entre eux, mis bout à bout, valent mieux qu'une suite illisible de huit caractères, et vous pourrez le dicter à un invité. Visez vingt caractères ou plus.

Une fois changé, tous vos appareils demanderont le nouveau. Prévoyez une demi-heure et la liste de ce qui est connecté, y compris l'imprimante et la télévision. Si vous avez perdu l'actuel avant même de le changer, voir Mot de passe Wi-Fi oublié.

Le type de chiffrement

Le chiffrement est ce qui rend illisible, pour quelqu'un qui écouterait autour de chez vous, ce que vos appareils échangent avec la box.

La consigne tient en une phrase : choisissez l'option la plus récente que votre box propose. Aujourd'hui, c'est WPA3, ou à défaut WPA2. Les options plus anciennes sont là uniquement pour de très vieux matériels.

Si un appareil ancien ne se connecte plus après le passage à la norme récente : la plupart des box offrent un mode mixte, qui accepte les deux. C'est le bon compromis. Ne redescendez pas tout le réseau sur une norme ancienne pour une imprimante de 2012 : mettez plutôt cet appareil sur le réseau invité, ou remplacez-le.

5. Les deux mots de passe qu'on confond tout le temps

C'est la confusion la plus répandue de tout le sujet, et elle a une conséquence concrète.

Mot de passe Wi-FiMot de passe d'administration
Il sert àRejoindre le réseauOuvrir les réglages de la box
On le tapeSur un téléphone, un ordinateurDans un navigateur, sur la page de la box
On le partageOui, aux invitésJamais
Chez la plupart des gensParfois changéToujours celui d'usine

Le second est le plus important des deux, et c'est celui que personne ne touche. Il est souvent identique sur tous les exemplaires d'un même modèle, et ces valeurs circulent librement. Quelqu'un qui est déjà sur votre Wi-Fi, un invité, un objet connecté détourné, peut alors ouvrir les réglages de la box et changer ce qu'il veut.

Changez-le le jour de l'installation, notez-le dans votre gestionnaire de mots de passe, et ne le partagez pas. Si vous ne savez plus comment accéder à cette page de réglages, ou si l'identifiant a été perdu, voir Routeur : accès administrateur oublié.

6. Le réseau invité, pour ce qu'il sert vraiment

Presque toutes les box proposent un second réseau Wi-Fi, séparé du premier, avec son propre nom et son propre mot de passe. Son intérêt n'est pas la politesse envers les visiteurs, c'est le cloisonnement : ce qui est sur le réseau invité ne voit pas ce qui est sur le vôtre.

Deux usages qui justifient à eux seuls de l'activer :

  1. Les visiteurs. Vous donnez un mot de passe que vous pouvez changer quand vous voulez, sans reconfigurer toute la maison. Et un téléphone qui traîne un problème ne se retrouve pas à côté de vos ordinateurs.
  2. Les objets connectés. Ampoules, prises pilotées, caméras, aspirateur, télévision. Ce sont des appareils rarement mis à jour, souvent peu soignés côté sécurité, et qui n'ont aucune raison de côtoyer votre ordinateur de travail ou votre stockage de photos.

Attention à un effet de bord : une imprimante placée sur le réseau invité ne sera plus visible depuis vos ordinateurs, c'est exactement le but du cloisonnement. Les imprimantes restent donc sur le réseau principal. Si l'une devient injoignable après une réorganisation, voir Imprimante réseau injoignable.

7. Quand la portée ne suffit toujours pas

Vous avez déplacé la box, choisi la bonne bande, et la chambre du fond reste mauvaise. Voici les options, classées par ce qu'elles valent réellement, pas par ce qui se vend le mieux.

1. Un câble réseau jusqu'à la pièce. La meilleure, de loin, et la moins chère. Rien ne se dégrade, rien ne se partage. Si la pièce concernée abrite un poste fixe, une télévision ou une console, c'est la réponse et le sujet est clos.

2. Un système Wi-Fi maillé, dit « mesh ». Plusieurs boîtiers, un seul nom de réseau, et vos appareils passent de l'un à l'autre sans coupure. Les boîtiers dialoguent entre eux sur une voie dédiée, ce qui évite le défaut du répéteur ci-dessous. C'est la bonne réponse pour une maison sur plusieurs niveaux. Comptez de cent à trois cents euros. Beaucoup de fournisseurs d'accès en louent, renseignez-vous avant d'acheter.

3. Le courant porteur, dit « CPL ». Deux boîtiers qui font passer le réseau par les câbles électriques du logement. Utile quand tirer un câble est impossible. Le résultat dépend beaucoup de l'installation électrique : excellent dans certains logements, décevant dans d'autres, et quasi nul entre deux circuits électriques distincts. Achetable et testable, à rendre si ça ne donne rien.

4. Le répéteur Wi-Fi. C'est l'accessoire le plus vendu, et c'est celui qui déçoit le plus souvent. Soyons clairs sur la raison : un répéteur capte le Wi-Fi et le réémet avec la même antenne, donc il parle à la box et à vos appareils à tour de rôle sur la même voie. Le débit disponible dans la pièce est en pratique divisé par deux, parfois davantage. Vous gagnez des barres de signal et vous perdez de la vitesse.

Il reste acceptable dans un cas précis : une petite zone morte à couvrir, pour un usage léger, avec un répéteur placé à mi-chemin, là où le signal de la box est encore bon. Placé dans la pièce à problème, il ne fait que réémettre un mauvais signal : il ne peut pas réparer ce qu'il reçoit déjà dégradé.

8. Ce qu'il ne faut pas faire, même si vous le lisez partout

Deux conseils circulent depuis vingt ans, se recopient d'article en article, et n'ont jamais protégé personne. Ils ne sont pas seulement inutiles : ils vous compliquent la vie.

Masquer le nom du réseau. L'idée séduit : un réseau invisible ne serait pas attaqué. En réalité, le réseau continue d'émettre, et vos propres appareils annoncent en permanence qu'ils le cherchent, y compris quand vous êtes ailleurs. N'importe quel outil d'écoute basique le retrouve en quelques secondes. Ce que vous obtenez vraiment : des connexions manuelles pénibles sur chaque appareil, des comportements erratiques sur les téléphones, et une aide impossible à donner à un invité. Laissez le nom visible et mettez un long mot de passe : c'est le mot de passe qui protège, pas le secret du nom.

Filtrer par adresse matérielle. Chaque appareil porte un identifiant unique gravé par son fabricant, et la box sait n'accepter qu'une liste d'identifiants choisis. Le problème : cet identifiant circule en clair, visible de tous, et se recopie en une ligne de commande. Il n'arrête donc aucun visiteur sérieux. En revanche, il vous coûte une manipulation dans les réglages de la box à chaque nouveau téléphone, chaque invité, chaque objet acheté. Et les téléphones récents changent volontairement d'identifiant à chaque réseau, ce qui rend la liste ingérable.

Ce qui protège réellement, dans l'ordre : un long mot de passe Wi-Fi, le chiffrement le plus récent disponible, un mot de passe d'administration changé, et les mises à jour de la box activées.

Cas concret

Un locataire emménage dans un appartement en longueur. La prise est dans l'entrée, la box est posée au sol à côté, derrière le portemanteau. Le salon va bien, la chambre du fond est inutilisable en visio.

Ce qui a été fait, dans cet ordre :

  1. Box remontée sur l'étagère de l'entrée, dégagée, debout. Le signal dans la chambre passe de deux barres à trois. Coût : zéro.
  2. Bandes séparées dans les réglages de la box, deux noms distincts. L'ordinateur de la chambre, qui s'accrochait à la bande rapide, est connecté manuellement à celle qui porte loin. La visio ne coupe plus, même si le débit y est plus modeste qu'au salon.
  3. Mot de passe Wi-Fi allongé à quatre mots, mot de passe d'administration changé le même jour et rangé dans le gestionnaire de mots de passe.
  4. Réseau invité activé, et les trois ampoules connectées ainsi que la caméra y ont été basculées.

Le répéteur acheté l'année précédente, qui n'avait jamais rien amélioré, a été débranché. Il était installé dans la chambre, c'est-à-dire exactement à l'endroit où il ne sert à rien.

Erreurs fréquentes

  • Ouvrir les réglages avant d'avoir déplacé la box. On y passe une heure pour un gain nul, alors que remonter la box sur une étagère prend deux minutes.
  • Croire qu'un répéteur remplace un câble. Il partage la voie avec la box : plus de barres, moins de débit.
  • Changer le mot de passe Wi-Fi et croire que la box est sécurisée. L'accès aux réglages reste, lui, sur la valeur d'usine.
  • Laisser tous les objets connectés sur le réseau principal, alors que le réseau invité existe et ne coûte rien à activer.
  • Placer le répéteur dans la pièce à problème. Il réémet le mauvais signal qu'il reçoit.

À retenir

  • L'emplacement passe avant tout réglage. En hauteur, dégagée, au centre : c'est gratuit et c'est le levier le plus fort.
  • Deux bandes, deux usages. Loin et lent, ou proche et rapide. Séparer les noms est le réglage à connaître quand une pièce résiste.
  • Deux mots de passe distincts. Celui du Wi-Fi se partage, celui de l'administration jamais, et c'est celui-là qui n'est presque jamais changé.
  • Le réseau invité est un outil de cloisonnement, pas une politesse : visiteurs et objets connectés d'un côté, ordinateurs de l'autre.
  • Pour la portée : câble, puis maillé, puis courant porteur, puis répéteur. Dans cet ordre.
  • Masquer le nom du réseau et filtrer les adresses matérielles ne protègent de rien et vous compliquent la vie.

Mini-exercice

Faites le tour de votre logement avec votre téléphone et notez le nombre de barres de Wi-Fi dans chaque pièce, en commençant par la plus mauvaise. Puis répondez à trois questions :

  1. Votre box est-elle en hauteur, dégagée, et à peu près au centre du logement ?
  2. Connaissez-vous le mot de passe qui ouvre ses réglages, et avez-vous la certitude qu'il n'est plus celui d'usine ?
  3. Vos objets connectés sont-ils sur le réseau principal ou sur le réseau invité ?

Si la réponse à la première est non, arrêtez-vous là et déplacez la box avant de toucher à quoi que ce soit d'autre. Refaites le tour ensuite : la comparaison avant et après vous dira, pièce par pièce, s'il reste un problème à traiter ou si le sujet est clos.

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