Que faire des vieux PC quand on renouvelle
Vous avez renouvelé dix postes. Les anciens sont dans un placard, empilés, depuis huit mois. Personne ne sait quoi en faire, et chacun contient encore les documents de son ancien utilisateur.
Deux choses s'accumulent dans ce placard, et les deux coûtent.
Des données récupérables. Un disque sorti d'une machine mise au rebut se lit avec un adaptateur à quinze euros. Supprimer les fichiers et vider la corbeille ne protège rien.
De la valeur qui s'évapore. Une machine perd sa valeur de reprise mois après mois. Attendre deux ans pour s'en occuper coûte plus cher que le temps que le placard fait économiser.
Ce guide vide le placard, dans le bon ordre.
Étape zéro : effacer, toujours
Avant tout tri, avant toute décision de destination. Une machine non effacée ne sort pas du bâtiment, quelle que soit sa destination finale, y compris la déchetterie.
La procédure est dans Effacer ses données avant de vendre son PC. Trois points à retenir ici :
- supprimer les fichiers ne suffit pas, ils restent récupérables ;
- un formatage rapide ne suffit pas non plus ;
- sur un SSD, la commande d'effacement sécurisé du constructeur est plus fiable et bien plus rapide qu'une réécriture complète.
Si un disque est illisible ou la machine ne démarre plus, retirez le disque et traitez-le à part. Un disque qu'on ne peut pas effacer se détruit physiquement, il ne se donne pas.
Le tri : quatre destinations
flowchart TD
A["Machine effacee"] --> B{"Encore utilisable<br/>pour un usage leger ?"}
B -->|Oui| C{"Un besoin interne<br/>existe ?"}
C -->|Oui| D["1 - REEMPLOI INTERNE"]
C -->|Non| E{"Systeme a jour<br/>installable ?"}
E -->|Oui| F["2 - DON"]
E -->|Non| G{"Modele encore<br/>demande ?"}
G -->|Oui| H["3 - REPRISE / REVENTE"]
G -->|Non| I["4 - RECYCLAGE"]
B -->|Non| I
L'ordre n'est pas arbitraire : il va du plus rentable au moins rentable pour vous, et du plus utile au moins utile pour le matériel.
1. Le réemploi interne, à regarder en premier
C'est la destination la plus rentable et la moins pratiquée, parce qu'on pense « remplacé » donc « fini ».
Une machine trop lente pour un poste bureautique moderne reste très bonne pour :
- un poste d'appoint en atelier, en réserve, à l'accueil, dans une salle de réunion ;
- une borne de consultation ou un affichage, où elle ne fait tourner qu'un navigateur ;
- une machine de test, pour essayer une mise à jour avant de la déployer partout ;
- un petit serveur interne, sauvegarde locale ou service auto-hébergé ;
- un prêt pour un stagiaire, un intérimaire, ou quelqu'un dont la machine est en réparation.
Un portable dont seul l'écran est mort fait un excellent petit serveur : branché, posé sur une étagère, écran fermé.
Et si la machine a besoin d'un coup de main pour reprendre du service, c'est exactement le sujet de Faire durer un PC au lieu de le remplacer.
2. Le don, à condition qu'il serve
Donner du matériel est bien. Donner du matériel inutilisable ne fait que transférer le problème de déchet à une association qui a moins de moyens que vous pour s'en débarrasser.
Trois conditions pour qu'un don serve vraiment :
La machine démarre et fonctionne. Testez-la avant, ne supposez pas.
Un système à jour peut être installé. Une machine sans système est inutilisable pour la plupart des bénéficiaires. Si la licence d'origine n'est pas transférable, installez une distribution Linux légère : c'est gratuit, légal, à jour, et suffisant pour de la bureautique et du navigateur.
Elle est complète. Chargeur, câble d'alimentation, et de préférence clavier et souris pour une tour. Un portable sans chargeur coûte à qui le reçoit.
Prévenez le bénéficiaire de ce qu'il reçoit : âge, état, ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Un don honnête vaut mieux qu'un don flatteur.
3. La reprise et la revente
Sans chiffres, parce qu'ils varient selon le marché et la période. Ce qui compte, c'est de savoir ce qui a encore une valeur et ce qui n'en a plus.
Conserve de la valeur : les machines récentes de gamme professionnelle, les portables en bon état esthétique, les écrans de grande taille, et parfois certains composants séparés comme la mémoire.
N'a plus de valeur marchande : les machines de plus de sept ou huit ans, celles dont la batterie est morte sur un modèle où elle n'est pas remplaçable, et tout ce qui ne démarre pas.
Le point important est ailleurs : la valeur s'effondre avec le temps de stockage. Le matériel ne vieillit pas seulement, il sort des catalogues de reprise. Une machine qui valait quelque chose il y a un an ne vaut souvent plus rien aujourd'hui. Si vous partez sur cette piste, faites-le dans les semaines qui suivent le remplacement, pas quand vous aurez le temps.
4. Le recyclage
Ce n'est pas un échec, c'est la bonne fin de vie d'un matériel qui n'en a plus.
En pratique, c'est gratuit et plus simple qu'on ne croit. Les déchetteries acceptent les équipements électriques et électroniques. De nombreux revendeurs professionnels reprennent le matériel, et une obligation de reprise existe généralement chez le vendeur lorsque vous achetez un équipement équivalent : à demander au moment de la commande des nouvelles machines, c'est le moment où c'est le plus simple.
Ne jetez rien aux ordures ménagères, en particulier tout ce qui contient une batterie.
Les pièges propres à un parc
Ce que les conseils grand public ne disent pas, et qui compte quand les machines venaient d'une organisation.
Les licences ne suivent pas toujours. Une licence en volume ou liée à un abonnement ne se transfère pas avec la machine. Donner un poste avec un système dont la licence reste chez vous met le bénéficiaire en défaut, et fausse le décompte de vos propres licences. Le recensement des licences payées est traité par Savoir ce que l'informatique coûte vraiment.
Les machines restent dans l'annuaire et l'inventaire. Un poste sorti physiquement mais encore présent dans l'annuaire pollue tous vos décomptes, et son compte machine reste un accès théorique. Retirez-les au moment de la sortie, pas plus tard.
Les certificats et clés. Certains postes portent un certificat d'accès au réseau, une clé de chiffrement, ou un jeton d'authentification. Révoquez-les, ne comptez pas sur l'effacement du disque pour cela.
Les disques de serveur méritent plus de sévérité. Ils contiennent souvent des données de l'ensemble de l'organisation, pas d'un seul utilisateur. Dans le doute, destruction physique plutôt que réemploi.
Une ligne par machine
La traçabilité minimale, et elle suffit : un tableau avec une ligne par machine qui sort.
| Colonne | Pourquoi |
|---|---|
| Identifiant ou numéro de série | Pour la relier à l'inventaire |
| Date de sortie | Pour justifier une disparition d'inventaire |
| Effacement fait, par qui | La seule preuve que vous aurez |
| Destination | Réemploi, don, reprise, recyclage |
| Retirée de l'annuaire | Case à cocher, souvent oubliée |
Sans ce tableau, personne ne pourra dire dans un an si le disque du poste comptabilité a été effacé. Avec, la question prend dix secondes.
À retenir
- Effacez avant de trier. Aucune machine ne sort non effacée, même vers la déchetterie.
- Un disque qu'on ne peut pas effacer se détruit, il ne se donne pas.
- Réemploi interne d'abord : c'est la destination la plus rentable et la moins utilisée.
- Un don sans système à jour ni chargeur transfère un déchet, il n'aide personne.
- La valeur de reprise s'effondre dans le placard. Décidez dans les semaines qui suivent.
- Le recyclage est gratuit, et le vendeur du matériel neuf a souvent une obligation de reprise.
- Licences non transférables, machines restées dans l'annuaire, certificats à révoquer : les pièges du parc.
- Une ligne par machine sortie. C'est la seule preuve d'effacement que vous aurez.