Acheter un ordinateur d'occasion sans se faire avoir
Un ordinateur d'occasion coûte deux à trois fois moins cher qu'un neuf équivalent, et beaucoup de machines professionnelles revendues à cinq ans sont plus solides qu'un modèle grand public neuf du même prix.
Le risque n'est pas de payer trop cher. Il est d'acheter une machine qui ne pourra pas être mise à jour, ou dont le défaut coûtera plus que la différence de prix.
Commencez par la question qui élimine
La machine peut-elle recevoir Windows 11 ?
Windows 10 n'est plus mis à jour. Acheter aujourd'hui une machine qui ne pourra pas passer à Windows 11 revient à acheter un ordinateur sans correctifs de sécurité, quel que soit son état par ailleurs.
Deux repères simples, à vérifier avant tout le reste :
- Le processeur : à partir de la 8e génération chez Intel, ce qui correspond à un modèle dont le numéro commence par 8 ou plus, et à partir des Ryzen 2000 chez AMD. En pratique, une machine conçue à partir de 2018.
- La puce TPM 2.0 : présente sur la quasi-totalité des machines de cette période, parfois désactivée par défaut, ce qui se corrige dans les réglages du firmware.
Demandez au vendeur une capture de l'écran affiché par la commande de diagnostic système, ou plus simplement si la machine tourne déjà sous Windows 11. Une machine déjà sous Windows 11 règle la question.
Si elle ne peut pas passer, ce n'est pas nécessairement disqualifiant : une machine ancienne fait un très bon poste sous Linux, ou un ordinateur d'appoint hors ligne. Mais le prix doit s'en ressentir.
Ce qui compte vraiment dans les caractéristiques
Trois choses, dans cet ordre. Le reste est secondaire pour un usage courant.
Un disque SSD, jamais un disque mécanique. C'est de loin le premier facteur de confort. Une machine récente avec un disque mécanique paraîtra plus lente qu'une machine plus ancienne avec un SSD. Si le vendeur parle de « disque dur 1 To » sans préciser SSD, c'est probablement un disque mécanique.
8 Go de mémoire au minimum, 16 si vous gardez beaucoup d'onglets ouverts. En dessous de 8, l'usage courant devient pénible.
Le processeur compte moins qu'on ne le croit pour un usage bureautique et internet. Sa génération, elle, décide de la compatibilité Windows 11 : c'est là qu'elle importe.
Le portable : la batterie décide
C'est le poste de remplacement le plus fréquent, et le seul qui puisse transformer une bonne affaire en mauvaise.
Une batterie se remplace pour 50 à 100 euros, mais toutes ne sont pas accessibles : sur certains modèles fins, l'opération demande un démontage complet et coûte davantage.
Ce qu'il faut demander avant d'acheter : le nombre de cycles de charge et la capacité restante. Ces informations se lisent dans le système sans outil particulier, et un vendeur sérieux les fournit. Une capacité en dessous de 80 % annonce un remplacement à prévoir.
Une annonce qui ne mentionne pas la batterie sur un portable est une annonce à laquelle il manque l'information principale.
Les vérifications en main propre, en dix minutes
Si vous achetez à un particulier, faites ces gestes devant lui. Aucun ne demande de compétence particulière.
- Allumez la machine et laissez-la démarrer complètement. Un démarrage très long annonce un disque mécanique ou fatigué.
- Regardez l'écran sur fond blanc puis sur fond noir, en plein écran. Les pixels morts et les taches se voient immédiatement.
- Tapez chaque touche du clavier dans un document vide. Une touche morte sur un portable est une réparation coûteuse.
- Branchez le chargeur et vérifiez que la charge démarre, avec le bon connecteur.
- Testez les ports USB avec une clé, et la sortie vidéo si vous pouvez.
- Écoutez la machine pendant quelques minutes : un ventilateur bruyant à l'ouverture d'un simple navigateur annonce un encrassement, réparable, ou une pâte thermique en fin de vie.
- Vérifiez que la machine n'est pas verrouillée : sur un Mac, un verrouillage d'activation rend l'appareil inutilisable sans le compte du vendeur. Sur un PC professionnel, un mot de passe de firmware produit le même effet.
Ce dernier point est le plus important, et le moins connu. Une machine verrouillée n'a aucune valeur.
Ce qui ne se répare pas à un prix raisonnable
Renoncez si vous constatez :
- une carte mère défaillante, souvent annoncée par des redémarrages aléatoires
- un écran fissuré sur un portable, dont le remplacement approche parfois la valeur de la machine
- un connecteur de charge dessoudé, qui demande une intervention de soudure
- une machine verrouillée par un compte ou un mot de passe de firmware
- de la corrosion visible, signe d'un liquide renversé, dont les effets apparaissent des mois plus tard
Une machine « qui marche mais qu'il faut secouer » ne marche pas.
Particulier ou reconditionné professionnel
Le particulier est moins cher, sans garantie, avec la possibilité de tout vérifier soi-même. À réserver aux achats en main propre.
Le reconditionné professionnel coûte 20 à 30 % de plus et apporte une garantie légale d'au moins un an, un système réinstallé proprement, et souvent une batterie remplacée si elle était faible.
Pour un premier achat d'occasion, ou pour offrir, la garantie vaut largement la différence. Vous ne vérifiez pas la machine, quelqu'un l'a fait pour vous et l'engage.
Ce qu'il ne faut pas faire
Acheter sans avoir vu la machine allumée. Une photo d'un ordinateur éteint ne prouve rien.
Se laisser séduire par une grosse carte graphique sur une machine par ailleurs faible. Pour un usage bureautique, elle ne sert à rien et consomme.
Oublier de demander le chargeur d'origine. Un chargeur compatible coûte 30 à 80 euros et tous ne se valent pas.
Négliger la première chose à faire après l'achat : réinstaller le système. Vous ne savez pas ce que contient une machine venue d'ailleurs, et une installation propre lève tout doute.
À retenir
Vérifiez la compatibilité Windows 11 avant tout le reste, exigez un SSD, demandez l'état de la batterie sur un portable, et assurez-vous que la machine n'est pas verrouillée.
Le reste se répare. Ces quatre points, non.