Polarys
Réseaux avancés : VLAN, routage et pare-feu/Disponibilité et performance

Disponibilité et performance

Prioriser ce qui compte

Quand la priorisation sert, et quand elle ne sert à rien

La qualité de service ne crée pas de bande passante. Elle décide seulement de qui passe en premier quand il y a une file d'attente.

Conséquence directe et souvent mal comprise : sur un réseau local à un gigabit chargé à dix pour cent, la priorisation ne change rien, parce qu'il n'y a pas de file. Sur le lien vers l'extérieur, saturé chaque matin, elle change tout.

La priorisation se pose donc là où le débit est contraint : le lien opérateur, un lien entre sites, un accès sans fil saturé.

Ce qui souffre, et pourquoi

Trois grandeurs distinctes, souvent confondues sous le mot « lenteur ».

Le délai : le temps d'un aller. La voix supporte mal au-delà d'environ 150 millisecondes de bout en bout.

La variation du délai : l'irrégularité entre les paquets. C'est elle qui hache une conversation, davantage que le délai lui-même.

La perte : quelques paquets perdus passent inaperçus sur un téléchargement, et s'entendent immédiatement en voix.

Une visioconférence tolère mal les trois. Un transfert de fichiers les tolère tous. C'est cette différence qui justifie de les traiter différemment.

Une classification simple qui suffit

Quatre classes couvrent l'essentiel des besoins d'une PME.

ClasseContenuTraitement
Temps réelvoix, visioconférencepriorité absolue, débit plafonné
Prioritaireapplications métier, gestion à distancegarantie de débit
Ordinaireweb, messageriele reste de la bande passante
Secondairesauvegardes, mises à jour, transferts massifsce qui reste, limité aux heures creuses

Le plafond sur la classe temps réel n'est pas une contradiction : sans lui, une anomalie dans cette classe affamerait tout le reste.

Ce qui rend une politique inutile

La marquer sans la traiter. Marquer un paquet ne fait rien tout seul : il faut que les équipements du chemin agissent sur la marque.

Faire confiance aux marques des postes. Un poste peut se déclarer prioritaire pour tout. Les marques d'un poste utilisateur se réécrivent à l'entrée du réseau ; seules celles des équipements de confiance, un téléphone d'entreprise par exemple, sont conservées.

Oublier le sens montant. Vous ne maîtrisez que ce qui sort de chez vous. Sur le trafic entrant, seule une régulation côté opérateur ou un lissage local partiellement efficace peut agir.

Tout prioriser. Une politique où quatre-vingts pour cent du trafic est prioritaire équivaut à aucune politique.

Une alternative souvent meilleure

Avant d'écrire une politique complexe : déplacer les gros transferts hors des heures ouvrées.

Une sauvegarde qui démarre à vingt heures au lieu de dix heures règle plus de problèmes que trois pages de configuration, et ne demande aucune maintenance.

À retenir

La priorisation n'agit que sur les liens saturés. Quatre classes suffisent, la voix plafonnée. Ne faites pas confiance aux marques des postes, et rappelez-vous que déplacer un transfert dans la nuit résout souvent le problème sans configuration.

Quiz de validation

Quiz - 3 questions

1. Dans quelle situation la priorisation ne change rien ?

2. Pourquoi réécrire les marques de priorité venant des postes utilisateurs ?

3. Quelle grandeur hache le plus une conversation vocale ?

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