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La sauvegarde, condition d'entrée

Une sauvegarde jamais restaurée n'existe pas

Une sauvegarde jamais restaurée n'existe pas

La sauvegarde configurée hier vous rassure. C'est exactement le problème : le sentiment de sécurité arrive le premier jour, la preuve qu'elle fonctionne n'arrive jamais si vous ne la demandez pas.

Une sauvegarde qu'on n'a jamais restaurée n'est pas une sauvegarde. C'est une hypothèse.

L'échec silencieux, le vrai danger

Une sauvegarde qui plante bruyamment est une bonne nouvelle : vous le savez, vous corrigez. Le danger, c'est celle qui s'arrête sans le dire.

Les cas les plus courants, dans un contexte domestique :

  • Le disque externe a été débranché, la tâche s'exécute et ne trouve rien à copier. Elle se termine en succès.
  • Le disque de destination est plein depuis trois mois. Les nouvelles copies échouent, les anciennes sont toujours là, tout semble normal.
  • Un dossier a été renommé. La sauvegarde copie consciencieusement les cinq dossiers restants et ignore le sixième.
  • Le mot de passe du service distant a changé. L'envoi échoue chaque nuit, et personne ne lit les journaux.

Le point commun : rien ne prévient. Le problème se découvre le jour de la restauration, c'est-à-dire le pire jour possible. La fiche La sauvegarde automatique échoue depuis des semaines détaille ce scénario et sa correction.

Les trois contrôles, par ordre de valeur

Le contrôle de présence, chaque mois, deux minutes. Regardez la date du dernier fichier de sauvegarde et sa taille. Une date qui remonte à plusieurs semaines, ou une taille figée alors que vous avez ajouté des photos, suffit à déclencher l'alerte.

Le contrôle de restauration, chaque trimestre, dix minutes. Choisissez un fichier au hasard dans la sauvegarde, restaurez-le dans un dossier de test, et ouvrez-le. C'est le seul contrôle qui prouve quelque chose, parce qu'il exerce la chaîne entière : le support, le format, le mot de passe de chiffrement, et surtout votre propre capacité à effectuer l'opération sous pression.

Le contrôle de reconstruction, une fois par an, une soirée. Imaginez le serveur détruit. Sauriez-vous refaire l'installation et remettre les données en place ? Notez la procédure sur une feuille, avec l'endroit où se trouve le mot de passe de chiffrement. Cette feuille ne doit pas être stockée uniquement sur le serveur : c'est une erreur qu'on ne fait qu'une fois.

Être prévenu automatiquement vaut mieux que se souvenir de regarder. Le guide Être prévenu avant vos clients : superviser un serveur sans rien payer montre comment recevoir une alerte quand quelque chose s'arrête, et le cours Monitoring et supervision : les bases traite le sujet plus largement.

Cas concret

Un serveur de photos tourne depuis quatorze mois. La sauvegarde vers un disque externe est programmée chaque dimanche à 3 heures, et n'a jamais fait parler d'elle.

Un jour, le disque système meurt. Pas de panique : il y a la sauvegarde. Le disque externe est branché, et il contient bien un dossier de sauvegarde, daté de treize mois plus tôt. Une mise à jour du système avait changé un nom de dossier. Depuis, la tâche s'exécutait chaque dimanche, ne trouvait rien, et se terminait sans erreur.

Un contrôle de restauration trimestriel de dix minutes aurait révélé le problème la première fois, avec treize mois de photos encore récupérables ailleurs.

sequenceDiagram
  participant V as Vous
  participant S as Serveur
  participant B as Sauvegarde
  V->>S: Choisir un fichier au hasard
  V->>B: Demander sa restauration
  B-->>V: Fichier restaure
  V->>V: Ouvrir le fichier
  Note over V: Il s ouvre : la chaine est prouvee

Erreurs fréquentes

  • Considérer « sauvegarde configurée » comme « données protégées ». Entre les deux, il manque la seule chose qui compte : une restauration réussie.
  • Ne jamais regarder la date du dernier fichier de sauvegarde. C'est deux minutes par mois, et cela attrape la majorité des échecs silencieux.
  • Ranger le mot de passe de chiffrement des sauvegardes sur le serveur. Le jour où vous en avez besoin, le serveur est justement celui qui est mort.

À retenir

  • Une sauvegarde jamais restaurée est une hypothèse, pas une protection.
  • L'échec le plus dangereux est silencieux : la tâche se termine en succès sans rien avoir copié.
  • Un test de restauration par trimestre, dix minutes, est le meilleur rapport effort sur risque de tout ce cours.

Mini-exercice

Si vous avez déjà une sauvegarde, même celle de votre ordinateur de bureau, faites le test maintenant : choisissez un fichier, restaurez-le dans un dossier « test », ouvrez-le. Chronométrez. Si vous ne savez pas comment faire, la fiche Comment sauvegarder son PC pour la première fois reprend le sujet depuis le début.

Quiz de validation

Quiz - 3 questions

1. Pourquoi une sauvegarde jamais restaurée ne compte-t-elle pas ?

2. Quel type d'échec de sauvegarde est le plus dangereux ?

3. Où ne faut-il surtout pas ranger le mot de passe de chiffrement des sauvegardes ?

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