Ce que GLPI est, et ce qu'il n'est pas
GLPI est une application web en PHP adossée à une base de données. Elle fait trois métiers dans un seul outil : l'inventaire du parc, le helpdesk avec ses tickets, et la gestion administrative, contrats, licences, fournisseurs.
Ce n'est ni un outil de supervision, ni un outil de déploiement de masse. Il dit ce que vous possédez et ce qui est en panne, pas si un serveur répond en ce moment. Beaucoup d'échecs de projet viennent de cette confusion initiale.
La pile, et pourquoi chaque morceau
Quatre briques, dans cet ordre de dépendance.
Un système serveur. Debian stable dans ce cours, parce que sa durée de support dépasse celle de votre projet et que les versions de PHP y sont prévisibles.
Apache, qui sert les pages. Nginx fonctionne également, au prix d'une configuration que la documentation officielle détaille moins.
MariaDB, qui stocke tout. Absolument tout : l'inventaire, les tickets, les droits. Seuls les documents joints vivent sur le disque.
PHP, avec ses extensions. C'est le point qui fait échouer l'installation une fois sur deux, et l'assistant web ne pardonne rien : il liste les extensions manquantes et refuse d'avancer.
Les extensions attendues couvrent le XML, JSON, la base, les chaînes, cURL, les images, l'internationalisation, les archives, la compression et le cache. Et php-ldap, souvent oubliée parce qu'elle ne sert qu'au moment où vous branchez l'annuaire, plusieurs jours plus tard.
Dimensionner sans se tromper
Pour une PME de cent à trois cents postes, une machine virtuelle à deux processeurs virtuels, quatre gigaoctets de mémoire et cinquante gigaoctets de disque tient largement. GLPI est peu gourmand ; c'est la base qui grossit, lentement, et surtout à cause de deux choses.
L'historique des modifications, qui enregistre chaque changement sur chaque objet. Sur un parc inventorié quotidiennement, il représente rapidement la majorité du volume.
Les documents joints aux tickets, qui vivent dans le répertoire de fichiers et non dans la base.
Prévoyez la purge de l'historique dès le premier jour, traitée au dernier chapitre. Un GLPI de trois ans dont personne n'a touché ce réglage porte des tables de plusieurs gigaoctets pour un parc modeste.
Adresse fixe, avant tout le reste
Le serveur doit avoir une adresse IP fixe et un nom résolvable. Ce n'est pas une préférence d'administrateur : les agents d'inventaire sont configurés avec cette adresse, sur chaque poste, parfois par stratégie de groupe.
Changer l'adresse après le déploiement des agents oblige à repasser sur tout le parc. Décidez le nom et l'adresse avant d'installer, et préférez un nom de domaine interne à une adresse en dur : un nom se repointe, une adresse se retape partout.
L'ordre qui évite les reprises
- Adresse fixe et nom DNS.
- Pile LAMP et extensions PHP,
php-ldapcomprise. - Base de données et compte dédié.
- GLPI et son arborescence.
- Assistant web, puis fermeture de l'installation.
- Annuaire, puis agents, puis réseau.
La procédure complète en commandes figure dans le guide GLPI : installer le serveur d'inventaire sur Debian. Ce cours explique les choix ; le guide donne les lignes à taper.
À retenir
GLPI inventorie et gère des tickets, il ne supervise pas. La pile tient en quatre briques, et php-ldap est l'extension qu'on oublie. Fixez l'adresse et le nom avant tout, parce que les agents les porteront en dur. Et prévoyez la purge de l'historique dès l'installation.